Vous dormez mal ? C’est de la faute de la pandémie !

La pandémie a eu de nombreux effets nocifs sur la santé physique et la santé mentale d’un grand nombre de personnes dans le monde. Parmi ces effets, il y en a un qu’on ne considère pas forcément comme le plus grave, mais qui peut pourtant causer des dégâts, surtout sur le long terme. On parle ici de l’insomnie et du manque de sommeil.

Pour certains, le manque de sommeil correspond à un manque de temps. Par exemple, Courtney Boen, professeur en sociologie et en démographie à l’Université de Pennsylvanie, a déclaré qu’elle devait se lever des heures avant ses enfants pour avoir quelques heures pour écrire et finir son travail. Mais pour d’autres, la gestion du temps n’est pas forcément derrière le problème. Lorsque la pandémie a commencé, le taux d’insomnie est monté en flèche dans le monde entier à cause du stress de vivre dans un monde en pleine crise sanitaire ou celui causé par les changements au niveau de la vie de tous les jours et par les responsabilités en plus.

Une femme en train de dormir
Crédits Pixabay

De plus, avec le variant delta qui continue aujourd’hui de se propager, l’incertitude et ses effets sur le sommeil ne sont pas prêts de disparaitre.

Il y a évidemment des mesures que chacun peut prendre pour essayer de lutter contre l’insomnie. Cependant, il ne s’agit pas juste d’un problème personnel, c’est aussi un problème social. Les solutions individuelles ne seront forcément pas suffisantes, il faudrait aussi des changements au niveau des politiques des entreprises comme la réduction des heures de travail, une augmentation du salaire, ou encore un meilleur accès aux services de santé. Boen a indiqué que les problèmes de stress et de perturbation du sommeil vécus par la population durant cette pandémie sont quelque chose que l’on peut éviter. On peut les régler à l’aide de décisions politiques.

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La pandémie derrière l’insomnie

Le sommeil fait partie des besoins des humains. Un adulte doit dormir environ 7 heures par nuit pour être en bonne santé. Lorsqu’on ne le fait pas pendant une nuit ou deux, on commence à éprouver des difficultés au moment de prendre des décisions. On devient aussi plus irritable. Ces effets à court terme sont réversibles lorsqu’on peut à nouveau dormir normalement, mais pour une personne qui dort moins de 7 heures pendant une longue période, cela va augmenter les risques de problèmes métaboliques comme le diabète de type 2 ou la dépression. Si l’on dort encore moins, il y aura l’apparition des problèmes vasculaires et même un risque plus élevé de mortalité.

On peut dire que la pandémie a aggravé la situation pour une population mondiale qui ne dormait déjà pas bien. D’après une étude effectuée dans 49 pays en mars et avril 2020, 40 % des participants ont indiqué que leur sommeil était pire qu’avant la pandémie. Il y a aussi eu une augmentation de 20 % de l’utilisation des pilules pour dormir. Aux Etats-Unis, la consommation de mélatonine, qui aide à trouver le sommeil, a augmenté de 42,6 % en 2020. Et n’oublions pas que ceux qui ont contracté la Covid-19 avaient aussi du mal à dormir à cause des problèmes respiratoires. Ceux qui sont atteints par la Covid longue présentent également des problèmes chroniques du sommeil.

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Aider les gens à mieux dormir

La pandémie est ainsi une des causes de l’insomnie, mais la fatigue causée par le manque de sommeil peut aussi être un facteur de persistance de la pandémie. En effet, être tout le temps fatigué a un impact sur le système immunitaire qui devient plus faible. On est ainsi plus susceptible d’être gravement affecté par le virus. Il est donc nécessaire de trouver une solution au problème de l’insomnie et du manque de sommeil pour empêcher une prolongation éventuelle de la pandémie.

Même en pleine pandémie, il est toujours possible de lutter contre le phénomène  du manque de sommeil. Il y a tout d’abord des changements que l’on doit appliquer au niveau individuel. Par exemple, il faut essayer de répliquer autant que possible les rituels quotidiens qui structuraient notre façon de vivre avant la pandémie. Même si on doit rester chez soi pour travailler, on peut quand même se lever et se préparer comme on le fait en temps normal et respecter une période de travail qui sera ainsi limitée.

Parfois, les changements au niveau individuel ne sont pas suffisants. Dans ce cas, une forme de thérapie comportementale cognitive pourrait être d’une grande aide. Le but sera d’identifier les pensées ou les émotions qui sont liées à l’insomnie. On peut aussi consulter un médecin spécialiste du sommeil pour d’éventuels traitements spécialisés.

Comme il peut être impossible pour certaines personnes d’appliquer ces solutions à cause du manque de moyens par exemple, il est nécessaire d’apporter des changements au niveau du système. Les employeurs peuvent autoriser des horaires de travail plus flexibles ou utiliser des emplois du temps constants pour permettre aux employés de se préparer à l’avance pour les autres activités comme s’occuper des enfants. L’objectif est d’offrir aux travailleurs le sommeil dont ils ont besoin, du moment qu’ils font bien leur travail. Cela va réduire le stress et améliorer le moral.

Ainsi, l’insomnie et le manque de sommeil sont des phénomènes liés à la pandémie, et qui constituent des facteurs pouvant mener à la prolongation de cette dernière. Il est important de trouver des solutions à tous les niveaux pour que chacun puisse avoir la quantité de sommeil nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme, mais aussi de la société.