Vous ne verrez pas ces images de la même manière suivant l’endroit où vous vivez

Le cerveau est un organe fascinant, un organe dont le fonctionnement recèle encore de nombreux mystères. Pour tenter de faire toute la lumière sur la manière dont il interprète les signaux qui lui sont transmis, les chercheurs en neurosciences ont pris l’habitude de mettre en oeuvre des expériences parfois  très insolites. La dernière en date vaut son pesant d’or.

La réalité est-elle une donnée universelle et objective ? Beaucoup le pensent, mais ce n’est pas vraiment le cas.

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Chaque personne façonne en effet sa propre réalité en fonction de son vécu, de son expérience, de son passé.

Deux images fusionnées en une et des résultats qui diffèrent d’un participant à l’autre

Prenez deux personnes, confrontez-les à la même expérience et vous obtiendrez le plus souvent des récits très différents. Tout est affaire d’interprétation et c’est précisément ce que prouve l’expérience menée par ces chercheurs, une expérience relatée en détail dans Proceedings of the Royal Society B et relayée par ScienceMag.

Ces chercheurs ont donc réuni vingt volontaires. Des hommes et des femmes de tout horizon.

Ces volontaires ont été amenés à examiner une série de plusieurs images, ou plutôt des compositions élaborées à partir de la fusion de deux objets.

Ces objets variaient d’une composition à l’autre, mais ils étaient tous de la même nature. Chaque image comportait ainsi la photo d’un objet artificiel et celle d’un animal. Sur une composition, on voyait ainsi la photo d’un cheval combiné avec une table, sur une autre un rhinocéros superposé à une voiture.

Des réponses conditionnées par l’environnement dans lequel évoluent les participants

La question était simple. Les volontaires participants à l’étude devaient tout simplement indiquer le nom de l’objet qu’il percevait en premier. Du moins pour commencer. Les chercheurs n’en sont effectivement pas restés là et ils ont ensuite amplifié chaque image afin de déterminer le point de bascule et donc le moment où les participants finissaient par voir un objet au lieu de l’autre.

Ils ont ensuite combiné les réponses des participants à leur manière de vivre, ce qui leur a permis d’effectuer des recoupements et de dégager des tendances. Et d’après les résultats de leur étude, il semblerait que les personnes vivant en ville soient plus enclines à voir les objets artificiels au détriment des animaux. Et vice versa pour les participants vivant à la campagne.

Alors bien sûr, comme pour chaque étude, ces conclusions sont à prendre avec prudence, mais il semblerait que l’environnement d’un individu influe directement sur sa perception des choses. Ce qui veut également dire que notre vision du monde serait directement conditionnée par l’endroit où nous vivons.

Crédits AHAMED MIFLAH HUSSAIN ISMAIL

Mots-clés neurosciences