Les restes d’un ancien monstre marin ont été retrouvés dans un musée canadien

En fouillant dans des fossiles entreposés dans un musée canadien, des chercheurs ont découvert les restes d’un ancien ver marin datant du Paléozoïque. Ils l’ont appelé Websteroprion armstrongi.

Cette découverte n’est pas récente. Le fossile a effectivement été trouvé par Derek K. Armstrong au milieu des années 90. L’Ontario Geological Survey l’avait déposé sur un site difficilement accessible en Ontario et le scientifique avait découvert sur place de nombreux échantillons datant du Dévonien et donc de l’ère du Paléozoïque.

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Jolie reconstitution, n’est-ce pas ?

Il les avait ensuite confiés au Musée royal de l’Ontario pour qu’ils soient stockés et inventoriés.

Websteroprion armstrongi, un ver pas comme les autres

Plusieurs chercheurs travaillant pour les universités de Bristol et de Lund ont fait le déplacement pour étudier ces échantillons. Ils ont découvert parmi les roches ramenées par le scientifique un fossile extrêmement ancien.

En l’analysant, ils ont réalisé que ce fameux fossile appartenait en réalité à un ancien ver éteint, plus précisément à un lointain ancêtre du ver de terre et de la sangsue. D’après leur étude, l’animal mesurait entre un et deux mètres et il était équipé de puissantes mâchoires. Les plus grandes jamais découvertes sur ce type de créature. Le fossile laisse effectivement apparaître une forme d’un centimètre de longueur alors que les mâchoires fossiles ne dépassent habituellement pas quelques millimètres.

D’après les chercheurs, cet ancien ver marin était en réalité un prédateur. Ils pensent que l’animal ne chassait pas directement ses proies et qu’il se plaçait en embuscade en attendant qu’une autre créature marine passe à sa portée. Exactement comme l’Eunice aphroditois, en somme.

Mats Eriksson, un chercheur de l’Université de Lund a été frappé par le gigantisme de l’animal. Cette caractéristique existe chez de nombreux spécimens, mais elle est assez rare chez les vers et personne n’avait encore retrouvé de tels fossiles. Pas de cet âge, en tout cas.

Premier cas de gigantisme chez les vers de cet âge

D’après lui, cette découverte est donc de toute première importance. C’est effectivement la première fois que des paléontologues sont confrontés à un cas de gigantisme de cette nature.

David Rudkin, un des chercheurs du musée, estime pour sa part que cette découverte prouve l’importance de lancer des recherches dans des zones reculées et difficiles d’accès. Si Derek K. Armstrong n’avait pas été emmené sur place en hélicoptère, alors les chercheurs n’auraient jamais pu faire une telle découverte.

Pour la petite histoire, le Websteroprion armstrongi doit son nom à son découvreur initial, bien sûr, mais également à… Alex Webster, des Cannibal Corpse. Le lien avec ce ver ? Il n’y en a pas. En réalité, Luke Parry, un des auteurs de l’étude, est tout simplement fan de ce groupe et c’est ce qui l’a poussé à choisir ce nom.

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Crédits Images : James Ormiston & Luke Parry