WhatsApp de nouveau mêlé à un lynchage public

Il y a quelques jours, en Inde, des rumeurs sur le meurtre d’une jeune fille se sont transformées en un lynchage public. La victime est une femme. Elle a été déshabillée, battue et trainée dans la rue par une foule enragée. Elle a été accusée d’avoir un rôle à jouer dans le meurtre de Vimlesh Shah, 19 ans. Le corps de cette dernière a été retrouvé lundi près d’une voie ferrée dans le district de Bhojpur.

La foule violente l’a obligé à traverser les rues entièrement nue. Tout en lui criant dessus, les gens lui ont donné des coups de pieds dans le dos. Elle est mainte fois tombée par terre, mais ses tortionnaires l’ont traîné et forcé à se relever pour continuer de marcher. La vidéo et les images qui montrent la scène ont circulé sur les réseaux sociaux et ont choqué nombre d’internautes.

Interviewés par BBC Hindi, les policiers en charge de l’affaire Shah ont affirmé qu’ils sont toujours en train d’enquêter. Ils ont souligné que les circonstances du décès de la victime sont encore inconnues.

Quinze hommes ont été arrêtés

À l’heure actuelle, la femme qui a survécu à la vindicte populaire reçoit des soins à l’hôpital. Suite à l’incident que la police a repéré via une vidéo qui a circulé sur WhatsApp, quinze hommes ont été arrêtés.

Sur son passage, la foule enragée a été dévastatrice. Elle a incendié plusieurs magasins, maisons et véhicules.

Dans la plus grande démocratie au monde, la vindicte populaire est un phénomène relativement courant. Dernièrement, les médias indiens ont enregistré vingt-cinq décès dont les causes sont des coups infligés lors d’une justice populaire. Dans tous ces cas, le lynchage a été provoqué par des désinformations lancées sur l’application de messagerie WhatsApp.

Des rumeurs qui se transforment en meurtres atroces

En Inde, les gens sont traumatisés par les vols d’enfants. Or, les rumeurs accusent certaines personnes ou certains groupes d’être des ravisseurs d’enfants.

Rappelons que dans le septième pays le plus riche au monde (en terme de PIB), la force de l’ordre est concurrencée par une institution populaire et traditionnelle : les panchayat, des conseils d’anciens. Dans le combat pour la justice, ces derniers sont connus pour desservir la condition des femmes et des castes inférieures.

Récemment, un incident a conduit à la remise en question du système judiciaire indien. Une jeune fille a été violée puis brûlée vive par des membres de son village, sans avoir eu droit à un procès digne de ce nom.

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