WhatsApp part en guerre contre le gouvernement indien

WhatsApp a porté plainte contre le gouvernement indien en raison d’une nouvelle règlementation. Cette dernière remettrait en cause le chiffrement de bout en bout.

L’Inde intensifie la lutte contre les contenus en ligne pouvant poser un problème pour l’ordre public et la sécurité nationale. Le pays a adopté en février dernier une nouvelle législation prévue à cet effet. Les Directives intermédiaires et le Code d’éthique des médias numériques sont prévus d’entrer en application cette semaine. Cette règlementation vient remplacer la précédente qui date de 2011. Les nouvelles directives ont pour but de réguler les télécommunications en Inde. Elles contiennent un alinéa qui impose aux applications de messagerie d’indiquer le « premier émetteur de l’information » lorsque les autorités en ont besoin.

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Une exigence qui n’est pas du goût de WhatsApp. L’application de messagerie appartenant à Facebook compte près de 400 millions d’utilisateurs en Inde. La nouvelle règlementation l’obligerait à retracer chaque message envoyé sur son service. Cela pourrait constituer une violation de la vie privée des utilisateurs.

WhatsApp, figure de proue de la lutte contre la traçabilité

Le chiffrement de bout en bout fait en sorte que seules les personnes qui participent à une conversation soient en mesure de lire les messages échangés. Ce système de communication protège les utilisateurs de l’écoute électronique. La traçabilité constitue une menace pour le chiffrement de bout en bout. Sa remise en cause peut donc amener à des abus. WhatsApp a réitéré sa volonté de protéger la vie privée et les messages personnels de ses utilisateurs. L’application de messagerie instantanée s’engage à faire cela en respectant les lois indiennes dans la mesure du possible.

La plateforme de Facebook n’est pas seule dans sa lutte contre la traçabilité. De puissantes sociétés œuvrant dans le secteur d’internet, des groupes pour la défense des droits numériques – dont la Fondation Mozilla – et le Centre pour la démocratie et la technologie lui apportent leur soutien.

L’ONG Electronic Frontier Foundation estime que la traçabilité « briserait les attentes des utilisateurs en matière de confidentialité et de sécurité, et serait difficile à mettre en œuvre pour correspondre aux normes de sécurité et de confidentialité actuelles ».

La Constitution indienne en rempart

WhatsApp s’oppose ainsi fermement à la mise en œuvre des nouvelles directives indiennes relatives aux médias numériques. L’entreprise ne reste pas les bras croisés. Bien au contraire, elle a déposé plainte contre le gouvernement indien auprès d’un tribunal local. L’application de messagerie instantanée entend faire appel à la Constitution de l’Inde pour sa cause.

La constitution du pays garantit effectivement le droit à la vie privée. Mais la situation risque d’être compliquée car les autorités indiennes campent sur leur position, soutenant que le service de messagerie devra uniquement indiquer l’origine des messages. Alors que le gouvernement parle de préserver l’ordre public et la sécurité nationale, l’opposition critique elle aussi la nouvelle règlementation. Celle-ci ne serait qu’un nouvel outil pour faire taire les opposants au pouvoir.

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