WhatsApp, une arme politique en Gambie

Si auparavant, la radio était le principal moyen de communication utilisé dans les villages en Gambie, actuellement, le téléphone occupe probablement la place la plus importante. Bien que les statistiques indiquent que moins d’une personne sur cinq utilise les réseaux sociaux dans le pays, des chercheurs ont montré qu’aujourd’hui,  ce type de média avait un très haut niveau d’influence.

Idayat Hassan, directrice du Centre pour la démocratie et le développement, et le chercheur indépendant Jamie Hitchen ont constaté que le téléphone portable, par le biais des réseaux sociaux, pourrait en effet influencer le vote du public à la présidentielle de 2021.

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Selon un article publié par l’hebdomadaire panafricain The Continent, WhatsApp surtout constituerait un atout majeur pour influencer la campagne électorale de la prochaine présidentielle au Gambie.

Un nouvel outil politique

D’après le rapport paru dans The Continent, environ 370 000 personnes utilisent les réseaux sociaux en Gambie. Selon les informations, cela constitue à peu près 16 % de la population du pays. Cependant, ces utilisateurs font partie des personnes les plus importantes et des plus influentes incluant des activistes politiques, des figures religieuses, ainsi que des journalistes.

Les chercheurs ont indiqué que les applications de messagerie, en particulier WhatsApp, sont utilisées pour mobiliser les militants, diffuser des messages et parfois lever des fonds. Bien que les influenceurs ne constituent qu’un faible pourcentage, leur influence reste néanmoins importante, car rien que sur WhatsApp, plusieurs d’entre eux peuvent gérer jusqu’à une cinquantaine de groupes de conversation. Chacun de ces groupes peut avoir 256 membres, soit la capacité maximale autorisée.

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Une influence beaucoup plus vaste

On pourrait se demander comment 16 % de la population seulement pourraient influencer une population entière, d’autant plus que les smartphones ne sont pas encore à la portée de tous, surtout dans les villages. Selon les chercheurs, au sein d’un village, il n’y a généralement qu’un ou deux appareils téléphoniques. Ces derniers appartiennent cependant à la communauté entière, ce qui fait que les messages reçus ont une plus vaste audience.

« L’année prochaine, lors de la présidentielle, WhatsApp pourrait bien prendre la place des médias traditionnels tels que la radio, la télévision et les journaux » ont déclaré les auteurs de l’article.

La Gambie n’est pas le premier pays à inclure les réseaux sociaux dans les stratégies politiques. Dans plusieurs pays africains tels que la Côte d’Ivoire, la Tunisie et le Togo, des sociétés privées y ont également eu recours durant les campagnes électorales.

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