Xavier Niel défend Free Mobile

Ce n’est un secret pour personne mais Free Mobile est très critiqué. D’un côté, tu as les concurrents qui se plaignent de l’arrivée de quatrième opérateur et, plus précisément, des tarifs qu’il pratique. De l’autre, on trouve aussi plusieurs analystes financiers qui pointent la firme du doigt et qui l’accusent de casser le marché… et l’emploi. Enfin, entre les deux, on a aussi des clients qui sont confrontés à de multiples problèmes de réseau ou même de débits. Forcément, on comprend pourquoi Xavier Niel a décidé de prendre la parole et de s’exprimer sur ces différentes questions.

Xavier Niel défend Free Mobile

Les gens changent. Et très vite. Au lancement de Free Mobile, lorsque le PDG du groupe Iliad a dévoilé les tarifs de son offre, tout le monde était fou, tout le monde riait, tout le monde hurlait “pigeon, pigeon” à son voisin. C’était beau, magique même, mais tout a changé depuis. Et maintenant, soit on ne parle plus de Free Mobile, soit on en dit du mal. Entre les plantages du site au lancement, les pannes répétées, les problèmes de débits, ça peut effectivement se comprendre mais je pense tout de même que cela va bien plus loin. Yep, à mon avis, c’est surtout que l’attrait de la nouveauté est passé et qu’on a aussi (un peu) oublié ce que le marché de la téléphonie mobile était avant l’arrivée de cet outsider.

Xavier Niel a donc publié une tribune sur Les Echos et on peut dire qu’il y a va fort. Tout le monde en prend effectivement pour son grade. Enfin à part nous, évidemment, parce qu’on ne tire pas sur un pigeon client :

  • Les analystes : Ils sont designés comme des oiseaux de mauvais augure. On rappellera que pas mal de spécialistes pointent du doigt Free Mobile en clamant à qui veut l’entendre que les offres du quatrième opérateur risque d’avoir des conséquences négatives sur le marché et sur l’emploi. Xavier Niel rappelle qu’il n’en est rien, que l’emploi dans ce secteur est en berne depuis 1998 et que ses trois concurrents ont depuis longtemps exporté leur hotline ainsi que certains de leurs services loin du territoire français. De rappeler, ensuite, que Free Mobile a créé des emplois.
  • Les concurrents : Bon, là, ce n’est pas une grande surprise, Xavier Niel a pris l’habitude de profiter de chacune de ses allocutions pour taper sur ses concurrents et pour dénoncer “la grande oligarchie” ou, parfois, “le terrible oligopole”. Cette tribune ne déroge pas à la règle et ces derniers en prennent donc pour leur grade. Manque d’investissement, délocalisation, tarifs prohibitifs, on connaît déjà la chanson.
  • Les clients mécontents (un peu) : Pas mal de gens se plaignent évidemment des pannes et des problèmes de débits rencontrés sur le réseau de Free Mobile. Ils ont d’ailleurs raison, c’est vraiment que toutes les heures de la journée ne se valent pas. Cela dit, Xavier Niel en a profité pour rappeler que Iliad a investi 50 % de son chiffre d’affaire en 2011 contre 12 % à 20 % pour ses concurrents. Ce qui n’est d’ailleurs pas très étonnant compte tenu du fait que Free Mobile vient tout juste de se lancer sur le marché. Et lorsqu’on démarre, l’investissement est toujours plus important, cela va de soi.

Bien sûr, il ne faut pas non plus être dupe. Avant d’être un humaniste (ou de prétendre l’être), Xavier Niel est un business man. Un business man qui se bat pour son entreprise, pour son rêve et, aussi, un peu pour lui-même. Cela dit, ses propos n’en restent pas moins intéressants et cette tribune nous permet d’en apprendre un peu plus sur ce marché pas franchement facile.

Une bonne lecture pour un samedi matin donc.

Crédits PhotoRodrigo Sepulveda Schulz

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