Zoom censure certains évènements sans donner d’explications claires

Les universitaires ont été très nombreux à solliciter les services de Zoom, à cause de la pandémie liée au Covid-19. Cela, malgré le fait que l’application soit vivement critiquée par les spécialistes de la sécurité numérique, pour sa gestion des données personnelles de ses utilisateurs et l’insuffisance du chiffrement des communications.

Un représentant la plateforme de communication par vidéo a annoncé : “Zoom s’engage à soutenir l’échange ouvert d’idées et de conversations et n’a aucune politique empêchant les utilisateurs de critiquer Zoom”. Pourtant, des organisateurs d’évènements en ligne ont vu leur programme annulé, quand la firme fondée par Eric Yuan n’était pas d’accord avec le sujet de discussion.

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Cette sorte de censure arbitraire a provoqué des remous au sein des utilisateurs académiques de la plateforme de visioconférence.

Évènement annulé et compte bloqué

Le 23 septembre dernier devait avoir lieu une conférence organisée par plusieurs universitaires venant du Canada, des États-Unis et du Royaume-Uni. Malheureusement pour les participants, Zoom en a décidé autrement, car l’évènement n’a pu avoir lieu. Un étudiant de l’université de Leeds, Adam Saeed, faisait partie des organisateurs principaux, son compte personnel a également été désactivé dans la foulée par la plateforme.

L’évènement censuré par Zoom avait pour titre : « Des campus à travers l’Amérique du Nord se joignent à la campagne pour résister au silence des entreprises et des universités sur l’histoire palestinienne et les voix palestiniennes ».

Le site The Verge pense que la censure a été encouragée par des lobbyistes juifs et israéliens, pour ne citer que « The Lawfare Project ». Cette explication paraît logique, surtout quand on sait que Leila Khaled aurait dû prendre la parole lors de cette conférence. Cette femme, la première à avoir détourné deux avions, en 1969 et en 1970, est connue pour son avis controversé sur le conflit israélo-palestinien.

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Indignation des universitaires qui utilisent Zoom

Un porte-parole de la société américaine de services de téléconférence basée à San Jose a déclaré que l’évènement enfreignait une ou plusieurs conditions d’utilisation. Toutefois, aucune précision n’a été donnée sur la règle bafouée. L’universitaire britannique déplore le fait qu’aucune explication ne lui a été fournie jusqu’à présent, concernant la censure et la suppression de son identifiant sur la plateforme.

Andrew Ross, professeur à l’université de New York, accuse la plateforme de visioconférence de « décider de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas », de manière unilatérale. Quant à Cynthia Franklin, qui enseigne à l’université d’Hawaï, s’indigne qu’une « entité privée dicte à mon université publique » ce qu’elle peut ou ne peut pas dire.

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